VMC en panne, murs qui moisissent : le cercle vicieux des salles de bains du 94

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Dans le Val‑de‑Marne, on voit chaque hiver les mêmes scènes : peinture qui cloque, joints noirs, odeurs lourdes dans une salle de bains sans vraie ventilation. Tant que la VMC ou l'extraction d'air restent traitées comme un détail, l'humidité gagne et finit par coûter très cher, bien au‑delà d'un simple passage de plombier.

Pourquoi les salles de bains du Val‑de‑Marne moisissent en plein hiver

Les cas se ressemblent d'un appartement à l'autre, surtout dans les immeubles des années 60 à 90 de Saint‑Maur, Maisons‑Alfort ou Créteil. L'hiver arrive, on chauffe plus, on ouvre moins les fenêtres, on prend des douches plus chaudes et plus longues. Résultat : l'humidité se concentre dans la pièce la plus fragile, la salle de bains.

Sur le papier, la réglementation française (notamment l'aération générale et permanente des logements) impose une extraction d'air dans les pièces d'eau. Dans la réalité, on tombe souvent sur :

  • des bouches d'extraction entièrement bouchées par la poussière et la graisse
  • des VMC communes d'immeuble jamais entretenues ou à la limite de la panne
  • des grilles d'entrée d'air condamnées "pour éviter le froid"
  • des bricoleurs qui ont démonté la bouche parce que "ça faisait du bruit"

Ajoutez à ça un sèche‑serviettes sous‑dimensionné, un chauffe‑eau mal réglé qui fait surchauffer la salle de bains, et vous obtenez un climat tropical... dans 3 m² mal ventilés.

Le faux confort qui prépare les dégâts : fermer, calfeutrer, surchauffer

La plupart des dégâts qu'on constate dans les appartements du 94 ne viennent pas d'un "mauvais immeuble" mais de mauvaises habitudes, parfois encouragées par des conseils franchement douteux.

Calfeutrer toutes les entrées d'air : une très mauvaise idée

On voit régulièrement des grilles d'entrée d'air scotchées ou bourrées de papier. L'intention est claire : éviter les courants d'air et garder la chaleur. Sauf que sans air frais qui entre, l'air humide ne peut plus sortir correctement par la VMC. La pièce se transforme en cocotte‑minute.

Conséquences typiques :

  • miroirs ruisselants longtemps après la douche
  • linge qui ne sèche jamais, même sur le sèche‑serviettes
  • odeur persistante de "humide" dès qu'on ouvre la porte
  • apparition de moisissures derrière un meuble ou à l'angle du plafond

À long terme, les cloisons, surtout en plaque de plâtre, commencent à gonfler, à se ramollir. Quand on intervient pour rénover une salle de bains, on découvre parfois une véritable éponge derrière un simple meuble vasque.

La VMC commune d'immeuble... entretenue une fois tous les 15 ans

En copropriété, la VMC collective est souvent le parent pauvre du budget. On paie sans trop savoir ce qui est fait, le syndic change de prestataire, l'entretien est irrégulier. Et quand le ventilateur en terrasse fatigue, personne ne s'en rend compte tout de suite.

Pourtant, quelques tests simples permettent de savoir si l'extraction fonctionne réellement :

  • poser une feuille de papier A4 sur la bouche d'extraction : si elle ne tient pas, il y a un problème de débit
  • comparer la succion entre les différents étages : les derniers niveaux sont souvent les plus pénalisés
  • vérifier visuellement si la bouche est encrassée, grasse, noircie

Quand la VMC collective est en rade, on voit les dégâts se répandre d'étage en étage. Dans le Val‑de‑Marne, certains immeubles ont dû refaire entièrement peinture et plafonds dans les salles de bains pour plusieurs lots, uniquement à cause d'un ventilateur graphite en fin de vie laissé agoniser des années.

Moisi, peinture qui cloque : ce que ça dit vraiment de votre logement

Beaucoup réduisent le sujet à une question esthétique : "ce n'est que de la peinture à refaire". C'est une erreur de diagnostic. Des moisissures récurrentes sont presque toujours le symptôme d'un déséquilibre global de l'aération et parfois de la plomberie.

Humidité de condensation ou fuite d'eau masquée ?

Sur le terrain, on distingue deux grands cas :

  1. Humidité de condensation - Localisée au plafond, dans les angles froids, autour de la fenêtre ou au‑dessus de la douche. Elle s'aggrave après les douches, surtout en hiver.
  2. Fuite d'eau ou infiltration - Traces humides persistantes, taches brunes, cloques sous forme de bulles, parfois même un plafond qui s'affaisse. L'humidité est présente même en période sèche.

Les deux phénomènes peuvent coexister. Il n'est pas rare qu'une petite fuite sur un réseau encastré ou une canalisation d'évacuation fissurée entretienne une zone humide, sur laquelle la condensation vient se rajouter. Dans ce cas, un simple "coup de peinture anti‑humidité" est une pure perte d'argent.

C'est là que faire intervenir un artisan qui maîtrise à la fois la plomberie et la ventilation a du sens. Un diagnostic sérieux peut combiner inspection visuelle, caméra sur canalisations, mesure d'hygrométrie, voire ouverture ponctuelle d'une cloison. Mieux vaut un trou propre refermé correctement qu'un mur qui pourrit pendant cinq ans.

Hiver 2025‑2026 : pourquoi la question de la ventilation devient critique

Depuis les épisodes de canicule et les discussions sur la qualité de l'air intérieur, le sujet commence à sortir des rayons "bricolage" pour entrer dans le champ sanitaire. L'Santé publique France rappelle régulièrement l'impact des moisissures sur les voies respiratoires, en particulier chez les enfants et les personnes asthmatiques.

Dans le Val‑de‑Marne, département dense aux logements parfois anciens, on cumule plusieurs facteurs :

  • isolation renforcée (changement de fenêtres, travaux d'isolation) sans réflexion globale sur l'aération
  • augmentation du télétravail, donc présence accrue dans le logement
  • coûts de l'énergie en hausse, d'où la tentation de tout fermer

Résultat : des salles de bains transformées en poches d'humidité permanente. Beaucoup de familles se contentent de laver ou repeindre tous les deux ans, sans jamais régler le problème.

Les bons réflexes à mettre en place dès maintenant

On peut faire beaucoup de choses sans entrer dans un chantier lourd, à condition de les faire avec rigueur. La logique, c'est d'abord de vérifier ce qui existe, puis de compléter intelligemment.

1. Vérifier l'extraction existante

Avant d'acheter le moindre extracteur, commencez par :

  • nettoyer soigneusement la bouche d'extraction (démontage, dégraissage, remontage correct)
  • tester l'aspiration avec une feuille de papier
  • si vous êtes en copropriété, demander au syndic le dernier rapport d'entretien de la VMC

Dans certains cas, on découvre que la gaine est tout simplement débranchée dans le faux plafond, à la suite d'un ancien chantier mal terminé. Cela arrive plus souvent qu'on ne le croit, y compris dans des appartements rénovés il y a peu.

2. Améliorer la ventilation sans refroidir la salle de bains

Le grand argument contre l'aération, c'est le froid. Mais il existe des solutions intermédiaires, surtout dans une logique de rénovation légère :

  • installer des grilles d'entrée d'air hautes, loin des zones de séjour
  • utiliser un extracteur temporisé ou hygroréglable dans les salles de bains non raccordées à une VMC collective
  • programmer le sèche‑serviettes en mode "boost" juste après les douches, pour accélérer le séchage des parois

Dans certains logements du 94 où nous sommes intervenus, le simple fait d'ajuster le réglage de la VMC hygroréglable et de déboucher les entrées d'air a réduit les traces d'humidité de plus de moitié, sans toucher à la peinture.

3. Coordonner ventilation et travaux de plomberie

Quand on refait une salle de bains, il est tentant de tout concentrer sur le visuel : carrelage, meuble vasque, douche à l'italienne. Pourtant, c'est précisément au moment des travaux que l'on peut traiter les points structurels sans exploser le budget :

  • prévoir une alimentation électrique pour un extracteur d'air discret mais efficace
  • corriger les pentes d'évacuation qui laissent l'eau stagner dans le siphon et génèrent des odeurs
  • isoler les réseaux d'eau chaude et froide pour éviter les points de rosée sur les tuyaux

Ce type de réflexion fait partie intégrante d'un vrai projet d'intervention bien conçu, et pas seulement d'un "relooking" de salle d'eau. C'est d'ailleurs ce que nous défendons depuis longtemps dans nos projets d'installation sanitaire sur mesure.

Cas concret dans le 94 : quand une VMC fatiguée ruine trois salles de bains

Dans une résidence de Saint‑Maur‑des‑Fossés, trois copropriétaires nous appellent à quelques semaines d'intervalle. Tous se plaignent de taches noires au plafond de la salle de bains. L'un d'eux avait déjà fait repeindre l'année précédente, pour le même résultat.

En inspectant, on constate :

  • une VMC collective extrêmement encrassée, avec un débit divisé par deux
  • des bouches d'extraction colmatées par la poussière
  • des entrées d'air dans les fenêtres partiellement bouchées par de la mousse

On coordonne alors deux actions :

  • intervention d'un spécialiste VMC mandaté par le syndic pour nettoyage complet et réglage des débits
  • à l'intérieur des logements, nettoyage des bouches, contrôle des évacuations d'eau, et conseils précis aux occupants (durée d'aération, usage du chauffage, organisation du séchage du linge)

Un an plus tard, lors d'un passage pour l'entretien d'un chauffe‑eau, on constate que les plafonds sont restés propres. La "solution miracle" n'était ni une peinture spéciale, ni un déshumidificateur posé au sol, mais bien une remise à plat globale de la ventilation.

Ce que les fiches produits ne disent pas

Les sites de bricolage regorgent d'extracteurs vendus comme solution magique. Dans la vraie vie, on a souvent un décalage complet entre le matériel acheté et les contraintes du logement :

  • débits insuffisants par rapport au volume de la salle de bains
  • bruit insupportable, donc appareil rapidement éteint ou débranché
  • installation sur une gaine trop longue, avec pertes de charge énormes

Avant de remplacer quoi que ce soit, un artisan habitué au bâti du Val‑de‑Marne regardera quatre choses : type d'immeuble, configuration des gaines, habitudes des occupants, et état des équipements existants. Ce n'est qu'après ça qu'on peut parler de modèle précis, de débit en m³/h et de régulation.

Pour qui veut creuser le sujet sur le plan réglementaire et sanitaire, le site de l'ANAH propose des ressources claires sur la qualité de l'air intérieur et les aides possibles lors de rénovations globales.

Agir avant le prochain hiver : une stratégie de bon sens

Le piège, c'est de repousser toujours à plus tard. On se dit qu'on s'en occupera au printemps, puis à l'été suivant... jusqu'au prochain hiver humide. Pourtant, un diagnostic sérieux de votre salle de bains et de votre ventilation se cale très bien entre deux saisons de chauffe.

Si vous êtes dans le Val‑de‑Marne, la meilleure porte d'entrée reste un échange direct après un premier examen des lieux. Une intervention ciblée, combinée à quelques bons réflexes au quotidien, suffit souvent à casser le cercle vicieux des murs qui moisissent. Et si un chantier plus lourd est nécessaire, autant le planifier sereinement plutôt que sous la pression de plafonds qui s'effritent. Pour aller plus loin, vous pouvez déjà parcourir nos autres articles des Bons tuyaux ou nous solliciter via la page Interventions pour un regard d'artisan sur votre situation concrète.

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